Sa vie

Décembre

Enfant, au monastère de Sainte-Marie d’En-Haut « on la voyait assidue au pied des autels. Sa ferveur la portait aussi à se lever à la même heure que les religieuses, pour se trouver au chœur et faire avec elles la méditation ». Devenue religieuse du Sacré-Cœur, elle aurait aimé continuer les temps de prière qu’elle vivait à la Visitation. Plus d’une fois, elle demanda la permission de prier tard le soir, tôt le matin ou pendant la nuit. Madeleine-Sophie dut souvent tempérer ces désirs qui, parfois, devenaient excessifs et difficiles à concilier avec un travail auprès des élèves durant le jour. Toute sa vie, elle gardera son grand attrait pour l’adoration eucharistique, mais sa formation nouvelle l’a conduite à faire de plus en plus place à la charité fraternelle.

Enfin arrive la mission tant désirée auprès des indiens Potowatomis ; elle a 72 ans.
Ne pouvant parler leur langue, d’une santé fort affaiblie, elle passe de longues heures à prier. Les Indiens, l’appellent d’ailleurs « Quah-kah-ka-num-ad, la femme qui prie toujours ».

Pour la prière

« Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : “Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi.” À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : “Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin.” Marie dit à l’ange : “Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ?” L’ange lui répondit : “L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu.” Marie dit alors : “Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole.” » (Lc 1, 26-38)

« L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » » : entendre cette salutation de l’ange. Cette rencontre est intérieure, discrète, dans le silence du cœur, avec douceur, à la manière du Seigneur. Ai-je le souvenir de telles salutations de Dieu envers moi, de rencontres personnelles avec le Seigneur qui ont changé le cours de ma vie, ou l’ont orientée différemment ?

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus » : l’ange annonce cette grande et bonne nouvelle de la naissance d’un Sauveur à venir. Prendre le temps d’accueillir cette nouvelle, que signifie-t-elle pour aujourd’hui  ? Que veut dire pour moi « Jésus sauve » ?  

« Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » : Marie acquiesce à la demande de l’ange. Elle sait peu de choses, mais elle connaît les Écritures, elle les « garde en son cœur ». Est-ce que je laisse la Parole me rejoindre ? Puis-je la garder en moi et la laisser m’enseigner ?

Des écrits

« Ô Grand Esprit, elle arrive vers toi, elle arrive bientôt.
Conforte son esprit et protège son passage.
Laisse les herbes des champs murmurer
sa venue chez toi.
Laisse le clapotis des eaux du Mississipi chanter son retour vers toi.
Exhibe tes couleurs, ce matin, en toutes les fleurs des quatre saisons,
en son honneur qu’elles fleurissent toutes en même temps…
Parce que nous sommes tristes ; elle était notre sœur…
Trop de miles nous empêchent de recouvrir, une fois encore, ses épaules de cette couverture.
Elle apprit à tisser de nos mains ; nous apprîmes à prier en regardant son visage.
Fais que le soleil brille sur sa tendresse et que cette nuit de pleine lune nous rappelle
les heures qu’elle a passées à te louer dans cette tente. Notre village priera toute la nuit… Nous prierons dans la tente qui fût la sienne… »

(Extrait de la prière des Potowatomis
à l’annonce de la mort de Philippine)

Aujourd'hui

En Église et avec les religieuses du Sacré-Cœur de Jésus :
Décembre

« La Société du Sacré-Cœur est aussi comme un pain qui doit être préparé avec patience. Le levain mélangé à d’autres ingrédients transforme la pâte à travers un processus caché de fermentation. Il faut ensuite pétrir la pâte et la laisser reposer jusqu’à ce qu’elle soit prête à passer par le feu. Seulement après avoir passé tout ce temps au feu, le pain sera prêt à être offert. »

(Chapitre Général 2016 des Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus).

  • Comment, dans mes activités personnelles ou mes engagements de groupe, est-ce que je me laisse affecter par les autres, travailler de l’intérieur ?
  • Est-ce que j’accepte de devoir patienter, d’être transformé(e), « passé(e) au feu » pour contribuer à « nourrir » les autres ?

À la manière de Philippine

  • Contempler l’image du pain. Qu’est-ce que je vois (couleurs, formes, gestes…). Qu’est-ce que cela évoque pour moi, quels
    sentiments ? Quelle prière (demande, remerciement…) naît en moi suite à cette contemplation ? Je l’exprime au Seigneur.
  • Quels sont mes points d’appui, mes sources dans la prière : chants, images, passages de l’Écriture, textes, mots qui m’aident à m’adresser au Seigneur ? Je prie avec en les redisant simplement, à l’occasion, dans ma journée (lors de temps d’attente, etc.).

Chants / Musique

Donne-moi seulement de t’aimer (Claire Châtaignier)

Donne-moi seulement de t’aimer. (bis)

Prends Seigneur et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence, toute ma volonté.

Reçois tout ce que j’ai, tout ce que je possède, c’est toi qui m’a tout donné, à toi, Seigneur, je le rends.

Tout est à toi, disposes-en, selon ton entière volonté, et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit.